La délicate relation des sites avec les éditeurs
Deux polémiques agitent actuellement le monde de la presse vidéoludique, à l’occasion des sorties de Dragon Age : Origins et de Call of Duty : Modern Warfare 2.
Pour le premier, c’est le magazine Canard PC qui a lancé les hostilités, dans son édito du 5 novembre. Je cite :
« Electronic Arts est tellement angoissé, tellement dévoré par son désir de contrôle ou alors tellement certain de sa mainmise sur la presse de jeu vidéo – je vous laisse choisir votre réponse préférée, c’est ça la Presse 2.0 – que la société nous a clairement interdit de publier tout test de Dragon Age avant la date de sortie française, le 5 novembre… « À moins que vous ne nous garantissiez une très bonne note. »
On sait que les éditeurs ont tendance à envoyer leurs « mauvais » jeux à la presse le jour de leur sortie, afin que les premiers tests ne tombent que quelques jours plus tard, ce qui permet de vendre quelques exemplaires grâce à une campagne de promo efficace. Cette fois-ci, seuls les tests très positifs auraient droit de publication préalablement à la sortie (un site a toujours intérêt à publier un test avant ses confrères), tandis que les sites mettant une moins bonne note seraient sanctionnés en ne pouvant publier qu’ultérieurement. Evidemment, ce genre de pratiques, si elles s’avèrent exactes, ne peuvent être que condamnées.
Si vous voulez en savoir plus sur cette polémique, je vous invite à lire l’excellent article de Factornews à ce sujet, très complet.
Seconde polémique, qui concerne donc Modern Warfare 2. Son éditeur, Activision, a organisé un « séminaire » à Londres avant le lancement du jeu, au cours duquel la presse était conviée et pouvait tester le jeu « dans de bonnes conditions ». Comprendre « dans les conditions optimales pour mettre une bonne note ». Il est évident que le ressenti d’un jeu ne sera pas le même entre un test dans un pays étranger au cours duquel vous êtes choyé et et un test réalisé au bureau. Les testeurs du site Gamekult ont refusé de s’y rendre, et ont dénoncé cette pratique dans un article sur leur blog indiquant l’achat des exemplaires du jeu sur toutes les plateformes (soit une facture de plus de 300€).
La relation d’un site de jeux vidéo avec les éditeurs est forcément complexe : l’un juge le travail de l’autre, qui est en même temps son client (via l’achat d’espaces publicitaires). Il faut donc compter sur la déontologie des testeurs pour ne pas céder aux sirènes de certains éditeurs et livrer des tests impartiaux. Et si vous ne faites pas confiance à un site en particulier, il vous reste Criticator pour avoir une vue globale et comparer les différents avis de la presse


Un commentaire pour “La délicate relation des sites avec les éditeurs”
Anonymus 16 décembre 2009 23 h 47 min
Hello ! On fait nous aussi parti des sites répertoriés dans la base de criticator et ce post nous donnerait bien envie de rebondir personnellement sur cette affaire.
Voilà nous ne sommes pas un très gros site, mais notre audience est de plus en plus correcte. Avec EA nous avons connu un grand froid qui commence à se tasser. La faute à un certain Spore sur PC, pas super bien noté chez nous car pas super intéressant à notre gout. Résultats ? Plus de nouvelles d’EA, plus de communication, plus de réponses aux mails et surtout plus de versions tests envoyées…
Pour nous, l’explication était claire : « On se pète le cul à vous envoyer nos jeux malgré votre audience de bouseux et en plus vous nous coller une note minable sur un de nos hits les plus attendus ? Ben vous êtes pas prêt de nous revoir ».
Autre cas, un certain jeu de cuisine d’un éditeur moins coté qui avait prit une bonne déculottée en test sur le site. Là encore, l’effet boomerang ne s’est pas fait attendre : l’arrêt pur et simple d’envoi de jeux.
Alors bien sûr je ne sais comment ça se passe chez les gros sites qui cartonnent, mais essayez d’imaginer la merdasse que c’est pour un petit site qui cherche à tisser son réseau avec les différents éditeurs du milieu et à gagner leur confiance et en même temps à percer tout en gardant son objectivité.
Voilà c’était le témoignage du site à page d’accueil flouté
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